# Acheter pour revendre : les bases pour lancer son activité
L’achat-revente représente aujourd’hui l’une des voies d’accès les plus directes à l’entrepreneuriat commercial. Cette activité ancestrale a connu une transformation radicale avec la digitalisation des échanges et la multiplication des plateformes de vente en ligne. Chaque année, des milliers de Français franchissent le pas et se lancent dans cette activité qui permet de générer des revenus complémentaires ou même d’en faire une profession à temps plein. Le modèle économique repose sur un principe simple : acquérir des produits à un prix inférieur à celui auquel vous allez les commercialiser. Pourtant, derrière cette apparente simplicité se cache une réalité complexe nécessitant des connaissances juridiques, fiscales, logistiques et commerciales précises. Maîtriser les fondamentaux de cette activité vous permettra d’éviter les écueils courants et de bâtir une entreprise rentable et pérenne. Les opportunités actuelles sont considérables, que ce soit dans la revente de produits neufs issus de déstockages, d’articles d’occasion rénovés ou de marchandises importées. La clé du succès réside dans votre capacité à identifier les bons produits, à négocier efficacement avec vos fournisseurs et à optimiser vos canaux de distribution.
Statut juridique et obligations légales du revendeur professionnel
Démarrer une activité d’achat-revente implique obligatoirement de choisir une structure juridique adaptée à votre projet. Cette décision n’est pas anodine puisqu’elle déterminera votre régime fiscal, social et vos obligations comptables. Contrairement à ce que pensent certains débutants, vendre régulièrement des produits sur des plateformes comme Vinted ou Leboncoin sans déclarer son activité constitue une infraction dès lors que cette pratique devient habituelle et génère des revenus significatifs. Le seuil de tolérance varie mais généralement, au-delà de 3 000 euros de chiffre d’affaires annuel ou d’une dizaine de transactions par mois, l’administration fiscale considère qu’il s’agit d’une activité professionnelle. La professionnalisation de votre démarche vous protège juridiquement et vous ouvre l’accès à des outils professionnels indispensables pour développer votre activité.
Auto-entrepreneur versus EIRL : choisir la structure adaptée au dropshipping et à la revente
Le statut de micro-entrepreneur représente la solution privilégiée pour débuter dans l’achat-revente grâce à sa simplicité administrative. Avec un plafond de chiffre d’affaires fixé à 188 700 euros pour les activités de vente de marchandises en 2025, ce régime convient parfaitement aux revendeurs débutants. Les cotisations sociales s’élèvent à 12,3% du chiffre d’affaires encaissé, ce qui facilite grandement la gestion financière. L’abattement forfaitaire de 71% sur le chiffre d’affaires avant calcul de l’impôt sur le revenu rend ce statut particulièrement attractif. Toutefois, l’impossibilité de déduire vos charges réelles constitue une limitation majeure : si vous achetez un lot à 5 000 euros pour le revendre 7 000 euros, vous serez imposé sur 7 000 euros et non sur la marge de 2 000 euros réellement réalisée.
L’entreprise individuelle au régime réel représente une alternative intéressante dès lors que vos achats de marchandises deviennent conséquents. Ce régime vous permet de déduire l’intégralité de vos charges : achats de stocks, frais de transport, coûts publicitaires, emballages et
frais de plateformes sont ainsi pris en compte pour déterminer un bénéfice imposable plus proche de votre réalité. En contrepartie, les obligations comptables sont plus lourdes : tenue d’une comptabilité complète, bilan et compte de résultat, suivi des stocks. L’EIRL, aujourd’hui absorbée par le régime d’entreprise individuelle avec patrimoine professionnel, permettait de limiter la responsabilité sur les biens affectés à l’activité. Désormais, l’entreprise individuelle « nouvelle formule » protège par défaut votre patrimoine personnel, ce qui en fait un cadre pertinent pour une activité d’achat-revente ou de dropshipping amenée à croître rapidement.
Dans la pratique, on peut retenir une logique simple : micro-entreprise pour tester et valider son concept d’achat-revente ou de revente en ligne avec peu de charges, entreprise individuelle au réel (ou société de type EURL/SASU) dès que vos volumes d’achats, vos investissements logistiques ou vos risques contractuels augmentent. Une activité de dropshipping avec de gros budgets publicitaires, par exemple, sera rarement optimisée en micro-entreprise à long terme. N’hésitez pas à faire réaliser des simulations chiffrées par un expert-comptable : un même chiffre d’affaires peut produire un résultat net très différent selon le régime choisi.
Immatriculation au registre du commerce et des sociétés (RCS) : démarches obligatoires
Toute activité d’achat-revente exercée à titre habituel vous impose une immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS). Cette étape vous confère la qualité de commerçant et formalise votre existence légale vis-à-vis de l’administration, de vos fournisseurs et des marketplaces. Pour les micro-entrepreneurs, l’immatriculation est désormais automatique lors de la déclaration de début d’activité sur le guichet unique des entreprises, avec obtention d’un numéro SIREN et d’un extrait K (ou Kbis pour les sociétés). Pour une société (EURL, SASU, SARL, SAS), le dépôt des statuts, la publication d’une annonce légale et le dépôt du capital sont des prérequis à l’immatriculation.
Cette formalité n’est pas qu’une contrainte : de nombreuses plateformes B2B, grossistes et banques exigent un Kbis récent pour ouvrir un compte revendeur ou accorder une facilité de caisse. En outre, la mention de votre numéro RCS sur vos factures et documents commerciaux participe à la confiance client. Ne pas être immatriculé alors que vous exercez une activité d’achat-revente régulière vous expose à des sanctions (amende pour travail dissimulé, redressement URSSAF, requalification fiscale). Mieux vaut donc se mettre en règle dès le départ, même si votre activité démarre modestement.
Numéro de TVA intracommunautaire et seuils de franchise en base
La question de la TVA est centrale dès que l’on achète pour revendre, en particulier lorsque l’on travaille avec des fournisseurs européens ou que l’on vend dans d’autres pays de l’Union. En micro-entreprise, vous pouvez bénéficier de la franchise en base de TVA tant que vous restez sous les seuils en vigueur (91 900 € de chiffre d’affaires pour la vente de marchandises en 2025, avec un seuil de tolérance au-delà). Dans ce cas, vous ne facturez pas la TVA à vos clients mais vous ne pouvez pas non plus la récupérer sur vos achats, ce qui peut pénaliser vos marges si vous importez beaucoup de marchandises.
Dès que vous dépassez ces seuils, ou si vous optez volontairement pour le régime réel pour récupérer la TVA sur vos achats de stock, vous devez facturer, déclarer et reverser la TVA. Vous obtenez alors un numéro de TVA intracommunautaire, indispensable pour acheter hors taxes auprès de fournisseurs établis dans l’UE (Allemagne, Espagne, Italie, etc.). Pour les acheteurs-revendeurs qui importent d’Asie via des hubs européens, ce numéro est incontournable pour éviter une double taxation. Il est donc stratégique de réfléchir à votre régime de TVA en fonction de votre modèle : faibles volumes et marges confortables, ou gros volumes avec nécessité de récupérer la TVA pour rester compétitif ?
Licence de commerçant ambulant pour les brocantes et vide-greniers professionnels
Si vous envisagez de revendre vos produits sur les marchés, brocantes, vide-greniers ou foires de façon régulière, vous devez obtenir une carte de commerçant ambulant. Cette carte est délivrée par la chambre de commerce et d’industrie (CCI) de votre région et est valable pour une durée de 4 ans. Elle est obligatoire dès lors que vous exercez votre activité en dehors de la commune de votre siège ou de votre domicile professionnel, même si vous disposez par ailleurs d’une boutique ou d’un entrepôt. Beaucoup de revendeurs débutent sur les vide-greniers sans formalités, mais à partir du moment où l’activité devient professionnelle, la réglementation se durcit.
Concrètement, cette carte vous permet de réserver des emplacements sur les marchés, de justifier de votre statut auprès des organisateurs et des forces de l’ordre, et de sécuriser votre activité. Vous devrez présenter votre extrait K ou Kbis, une pièce d’identité et parfois un justificatif de domicile. Pour les activités d’achat-revente spécialisées dans l’occasion (vêtements, jouets, électroménager), la participation régulière à des foires et marchés peut constituer un excellent canal de vente complémentaire aux plateformes en ligne, à condition d’être en règle administrativement.
Sourcing stratégique : identifier les canaux d’approvisionnement rentables
Une activité d’achat-revente rentable repose avant tout sur un sourcing intelligent. Trouver des produits au bon prix, dans la bonne qualité et au bon moment est souvent plus décisif que de « bien vendre ». Vous pouvez avoir la meilleure boutique en ligne, si vos prix d’achat sont trop élevés, votre marge sera mécaniquement limitée. À l’inverse, un revendeur qui sait dénicher des lots de déstockage ou négocier avec des grossistes bénéficie d’un avantage concurrentiel considérable. Comment structurer votre stratégie d’approvisionnement pour limiter les risques et optimiser vos marges ? En diversifiant vos sources et en comprenant les spécificités de chaque canal.
Plateformes B2B : alibaba, global sources et SaleHoo pour l’import asiatique
Les plateformes B2B comme Alibaba, Global Sources ou SaleHoo sont devenues incontournables pour les revendeurs souhaitant importer des produits asiatiques à bas coût. Elles mettent en relation des milliers de fabricants et grossistes avec des acheteurs du monde entier, avec des catalogues couvrant toutes les niches : accessoires de téléphone, jouets, petits équipements pour la maison, gadgets électroniques, etc. L’import depuis la Chine ou le Vietnam peut générer des marges très élevées, mais il implique aussi des risques : qualité aléatoire, délais de livraison longs, formalités douanières, conformité aux normes européennes.
Pour sécuriser vos achats, il est essentiel de sélectionner des fournisseurs vérifiés, de demander des échantillons avant toute commande importante et de vérifier les certifications (CE, RoHS, normes jouets, etc.). N’hésitez pas à commencer par de petites séries pour tester la qualité réelle et la réaction du marché. Le coût du transport (maritime, aérien ou via des services express) et les droits de douane doivent être intégrés dès le départ dans votre calcul de rentabilité. Une bonne pratique consiste à comparer systématiquement le coût total rendu en France (produit + transport + douane + TVA) avec les prix pratiqués sur les marketplaces afin de valider votre marge potentielle.
Liquidation de stocks : destockplus, stocklear et lots solderie pour marges élevées
Le déstockage et les liquidations de stocks représentent un eldorado pour les revendeurs capables de trier et de valoriser ces produits. Plateformes comme Destockplus ou Stocklear, mais aussi les lots de solderie proposés par des grossistes ou des enseignes de la grande distribution, permettent d’accéder à des marchandises de marque (électroménager, textile, jouets, décoration) avec des remises pouvant atteindre 70 à 90 % du prix public. Ce modèle est particulièrement adapté si vous êtes prêt à gérer de la diversité produit et des références parfois en fin de série.
La clé, dans ce type d’achat, est l’analyse du contenu des lots : grade des produits (neuf, reconditionné, retour client, casse), taux de produits réellement vendables, saisonnalité (jouets avant Noël, textile de saison, etc.). Un lot acheté très peu cher mais contenant 40 % d’invendables peut rapidement plomber votre rentabilité si vous ne l’anticipez pas. N’hésitez pas à vous spécialiser dans quelques catégories (petit électroménager, bricolage, déco) pour mieux évaluer la valeur de revente. Les plateformes de déstockage structurées offrent souvent des fiches détaillées, un système d’enchères et parfois une médiation en cas de litige, ce qui sécurise vos achats par rapport à des vendeurs informels.
Ventes aux enchères professionnelles et dépôts-ventes : stratégie d’acquisition à bas coût
Les ventes aux enchères professionnelles (liquidation judiciaire, surstocks d’entreprises, matériel professionnel) sont une autre voie d’approvisionnement intéressante pour l’achat-revente. Vous pouvez y acquérir des lots d’équipement, de mobilier, de véhicules ou de marchandises diverses à des prix très inférieurs au marché. Des commissaires-priseurs spécialisés ou des plateformes d’enchères en ligne organisent régulièrement ce type d’événements. L’avantage ? Un prix d’acquisition souvent très bas. L’inconvénient ? Une visibilité parfois limitée sur l’état exact des marchandises et la nécessité de disposer de liquidités pour payer rapidement après adjudication.
Les dépôts-ventes, de leur côté, permettent de limiter le risque de stock en proposant une mise en vente pour le compte de particuliers ou de professionnels, avec commission à la vente. Pour un revendeur, nouer des partenariats avec des dépôts-ventes locaux ou en créer un lui-même peut être une stratégie intéressante dans la mode, le mobilier ou les biens d’occasion de valeur. Vous réduisez votre besoin de trésorerie tout en offrant une vitrine physique ou digitale à des produits déjà attractifs. Là encore, une bonne sélection des articles et une politique de prix cohérente sont déterminantes.
Partenariats avec distributeurs officiels et grossistes référencés
Si vous visez un positionnement plus pérenne et une image de marque solide, travailler avec des distributeurs officiels et des grossistes référencés est souvent la meilleure option. Ces partenaires vous garantissent une traçabilité des produits, le respect des normes et un accès à des catalogues structurés. C’est particulièrement vrai pour les produits électroniques, les cosmétiques, les jouets ou l’alimentaire, où la conformité réglementaire est cruciale. Vous bénéficiez également d’un support commercial, de visuels officiels et parfois de conditions de reprise ou de remises progressives selon vos volumes.
En contrepartie, les marges unitaires sont souvent plus limitées que sur du déstockage ou de l’import direct, et vous devrez parfois respecter des prix de revente conseillés. Pour optimiser votre rentabilité, négociez les franco de port, les délais de paiement et les remises en fonction de vos volumes projetés. Un partenariat de long terme avec quelques grossistes de confiance est souvent plus rentable qu’une chasse permanente aux « bons plans » risqués. Demandez systématiquement des références, des avis d’autres revendeurs et des conditions écrites avant de vous engager.
Analyse de rentabilité et calcul du coefficient multiplicateur
Identifier de bons produits ne suffit pas : pour réussir dans l’achat-revente, vous devez maîtriser vos chiffres. L’analyse de rentabilité et le calcul du coefficient multiplicateur vous permettent de fixer des prix de vente cohérents avec vos objectifs de marge et la réalité du marché. Sans cette rigueur, il est facile de « vendre beaucoup mais perdre de l’argent », notamment sur les marketplaces où les commissions et les frais logistiques peuvent grignoter votre bénéfice. Comment structurer ce calcul pour qu’il devienne un réflexe à chaque nouvelle référence ?
Prix d’achat net et coûts cachés : transport, douanes et frais de stockage
Le premier réflexe consiste à déterminer votre prix d’achat net réel, c’est-à-dire le coût complet du produit rendu disponible à la vente. Ce prix ne se limite pas au tarif indiqué par votre fournisseur. Il doit intégrer les frais de transport (livraison jusqu’à votre entrepôt ou votre domicile), les droits de douane et la TVA à l’import le cas échéant, mais aussi les frais de stockage, de préparation de commande et les éventuelles commissions (marketplace, solution de paiement). En d’autres termes, le produit qui vous est facturé 5 € départ usine peut en réalité vous revenir à 7 ou 8 € toutes charges comprises.
Une bonne méthode consiste à établir un tableau de calcul standardisé pour chaque nouvelle référence ou chaque lot. Vous y intégrez : prix fournisseur, coût de transport par unité, taxes, frais d’emballage, commissions marketplace estimées et coût logistique (temps de préparation, matériel d’expédition). Cette approche peut sembler fastidieuse au départ, mais elle vous évite les mauvaises surprises. Comme pour un voyage, où le billet d’avion n’est qu’une partie du budget global (bagages, transferts, repas), le prix fournisseur n’est que la première couche de votre coût réel.
Coefficient multiplicateur optimal selon les catégories de produits
Le coefficient multiplicateur correspond au ratio entre votre prix de vente TTC et votre prix d’achat net. Dans la pratique, de nombreux revendeurs fixent un coefficient par grande famille de produits : 2,5 pour le textile, 1,8 pour l’électroménager, 3 à 4 pour les accessoires et gadgets à faible valeur unitaire, par exemple. Ce coefficient doit couvrir vos charges fixes (loyer, logiciels, publicité, assurance), vos charges variables (commissions, emballages) et votre marge souhaitée. Plus la rotation du stock est lente ou les risques de casse/retour sont élevés, plus le coefficient doit être élevé.
Pour déterminer un coefficient multiplicateur optimal, il est utile de partir de votre marge cible plutôt que du prix du concurrent. Demandez-vous : « De combien dois-je majorer mon prix d’achat pour que mon activité soit rentable à long terme ? ». Vous pouvez ensuite ajuster ce coefficient en fonction de la pression concurrentielle observée sur les marketplaces ou en boutique. Dans certains cas, il sera plus judicieux de renoncer à une référence trop concurrentielle plutôt que de brader vos prix et d’éroder votre marge.
Rotation des stocks et calcul du point mort commercial
La rentabilité de votre activité ne dépend pas uniquement de la marge unitaire, mais aussi de la vitesse à laquelle vous transformez votre stock en trésorerie. Un produit avec une marge de 10 € qui se vend en 3 jours peut être plus intéressant qu’un produit avec 30 € de marge qui reste 6 mois sur vos étagères. La rotation des stocks (nombre de fois où vous renouvelez votre stock sur une période donnée) est donc un indicateur clé. Plus elle est rapide, plus vous limitez les coûts de stockage, les risques d’obsolescence et les besoins de financement.
Le point mort commercial, ou seuil de rentabilité, correspond au niveau de chiffre d’affaires à partir duquel votre activité commence à dégager un bénéfice. Il se calcule en divisant vos charges fixes annuelles par votre taux de marge sur coûts variables. Connaître ce seuil revient à savoir combien de produits vous devez vendre chaque mois pour « payer vos charges » avant de générer un véritable profit. Cette approche, qui peut sembler théorique, vous aide en réalité à piloter votre activité comme un véritable chef d’entreprise et à anticiper les baisses de ventes saisonnières.
Canaux de distribution digitaux : marketplaces et boutiques en ligne
Une fois vos produits achetés et vos prix de vente définis, reste à choisir où et comment les vendre. Les canaux de distribution digitaux offrent aujourd’hui une multitude d’options : grandes marketplaces, sites spécialisés, boutique en ligne en propre, réseaux sociaux. Chacun de ces canaux présente ses avantages, ses coûts et ses contraintes. La stratégie la plus robuste consiste souvent à diversifier vos points de vente plutôt que de dépendre d’une seule plateforme. Comment exploiter intelligemment ces canaux pour maximiser votre visibilité et vos ventes en achat-revente ?
Vendre sur amazon FBA : logistique externalisée et référencement algorithmique
Amazon FBA (Fulfillment by Amazon) permet aux revendeurs d’externaliser la logistique en envoyant leurs produits dans les entrepôts d’Amazon. La plateforme se charge ensuite du stockage, de la préparation des commandes, de l’expédition et même du service client. En échange, vous payez des frais de stockage et des frais logistiques par article vendu. L’un des principaux avantages de FBA est l’accès au badge Prime, qui améliore fortement vos taux de conversion et votre référencement algorithmique dans les résultats de recherche Amazon.
Pour un acheteur-revendeur, FBA est particulièrement pertinent pour des produits standardisés, non fragiles et avec une rotation rapide. En revanche, les articles volumineux, lourds ou à faible valeur ajoutée peuvent voir leur marge absorbée par les frais FBA. L’optimisation passe donc par une sélection rigoureuse des références, une gestion fine des niveaux de stock (pour éviter les surstocks coûteux) et une attention particulière aux avis clients. Sur Amazon, quelques mauvaises évaluations peuvent suffire à faire chuter vos ventes, même si votre offre est compétitive.
Ebay et leboncoin : optimisation des annonces pour maximiser la visibilité
eBay et Leboncoin restent des incontournables pour l’achat-revente, notamment pour les produits d’occasion, les objets de collection, les pièces détachées ou les produits reconditionnés. Leur force réside dans leur large audience et leur flexibilité : vous pouvez y vendre aussi bien une seule pièce qu’un lot complet, en format enchère ou en achat immédiat. Pour tirer parti de ces plateformes, la qualité de vos annonces est déterminante : titre optimisé avec mots-clés, description précise, photos soignées, politique de retour claire.
Sur eBay, le choix entre enchère et prix fixe dépend de votre stratégie. Les enchères sont adaptées aux produits rares ou très demandés, tandis que le prix fixe convient mieux aux références standardisées. Sur Leboncoin, la géolocalisation joue un rôle majeur : adapter votre prix et vos mots-clés à votre zone peut accélérer la vente. Dans les deux cas, répondez rapidement aux questions des acheteurs et mettez à jour vos annonces pour rester visible. Pensez vos fiches produits comme une vitrine : plus l’information est claire et rassurante, plus le taux de transformation augmente.
Vinted, vestiaire collective et vinted pro pour la mode d’occasion
Pour la mode d’occasion, les plateformes spécialisées comme Vinted ou Vestiaire Collective se sont imposées comme des outils puissants pour les revendeurs. Vinted, historiquement tournée vers les particuliers, a ouvert une offre Vinted Pro permettant aux professionnels de vendre sous un statut déclaré, avec factures et gestion adaptée. Vestiaire Collective, quant à elle, cible davantage le segment du luxe et du haut de gamme, avec un contrôle de l’authenticité des pièces.
Si vous pratiquez l’achat-revente de vêtements, sneakers, accessoires ou maroquinerie, ces plateformes offrent une audience déjà éduquée à l’achat de seconde main. Votre travail se concentrera sur le sourcing (friperies, déstockage textile, vide-dressings, grossistes de seconde main) et la valorisation des pièces : photos de qualité, détails de taille et d’état, référencement par marque et catégorie. La rapidité de réponse et la qualité de l’emballage influent fortement sur vos avis, donc sur votre visibilité future. La mode d’occasion fonctionne un peu comme un « trading » : acheter les bonnes pièces au bon moment, dans les bonnes tailles, est la clé pour accélérer la rotation de votre stock.
Création d’une boutique shopify avec intégration oberlo pour le dropshipping
Si vous souhaitez développer votre propre marque et ne pas dépendre uniquement des marketplaces, la création d’une boutique en ligne est un passage quasi obligé. Shopify s’est imposé comme l’une des solutions les plus accessibles pour lancer rapidement un site e-commerce professionnel, sans compétences techniques avancées. Couplée à des applications de dropshipping comme Oberlo (ou ses alternatives actuelles), cette solution permet d’importer des produits depuis des plateformes B2B et de synchroniser automatiquement les commandes avec vos fournisseurs.
Pour un modèle d’achat-revente en dropshipping, l’avantage majeur est l’absence de stock : vous ne payez vos fournisseurs qu’une fois la commande client passée. En revanche, la concurrence est forte, et la différenciation se joue sur le marketing (branding, copywriting, influence, publicité Facebook/Instagram) et la sélection de niches spécifiques. Pensez votre boutique comme un véritable point de vente digital : identité visuelle cohérente, fiches produits détaillées, politique de retour transparente. La technique est de plus en plus automatisée ; ce sont votre stratégie et votre positionnement qui feront la différence.
Gestion comptable et fiscalité du négociant revendeur
Au-delà du choix du statut, la gestion comptable et fiscale de votre activité d’achat-revente conditionne directement votre sérénité et votre capacité à vous développer. Beaucoup de revendeurs démarrent « au feeling », en se contentant de suivre les encaissements et décaissements sur leur compte bancaire. Mais dès que les volumes augmentent, cette approche atteint vite ses limites. Comment savoir quels produits sont réellement rentables ? Quel est votre résultat réel après impôts et charges ? Une organisation comptable minimale est indispensable.
Comptabilité d’engagement versus comptabilité de trésorerie pour micro-entreprises
En micro-entreprise, la comptabilité est simplifiée : vous déclarez votre chiffre d’affaires encaissé, sans avoir à produire un bilan complet. On parle de comptabilité de trésorerie, car seules les sommes réellement reçues comptent pour le calcul des cotisations et de l’impôt. Cette simplicité constitue un atout pour démarrer, mais elle offre une vision limitée de votre rentabilité réelle, puisqu’elle ne prend pas en compte le stock restant, les créances ou les dettes fournisseurs.
Au régime réel (entreprise individuelle, EURL, SASU), vous basculez en comptabilité d’engagement. Vous devez enregistrer les factures au moment où elles sont émises ou reçues, même si elles ne sont pas encore payées. Cette méthode, plus exigeante, reflète mieux la situation économique de votre activité : elle permet de valoriser les stocks, de suivre vos marges par produit et de préparer des comptes annuels fiables. Comme dans un tableau de bord de voiture, vous passez d’une jauge approximative à un ensemble complet d’indicateurs.
Déclaration CA12 et régime réel simplifié d’imposition
Les revendeurs soumis à la TVA au régime réel simplifié doivent déposer une déclaration annuelle de TVA, appelée CA12, complétée d’acomptes semestriels. Cette déclaration récapitule l’ensemble de la TVA collectée sur vos ventes et la TVA déductible sur vos achats. Pour une activité d’achat-revente avec des volumes importants, ce mécanisme peut représenter un avantage financier, car la TVA payée sur les stocks et les investissements vient directement réduire votre TVA à reverser.
Le régime réel simplifié d’imposition (BIC) concerne par ailleurs votre impôt sur le bénéfice. Il implique l’établissement d’un bilan, d’un compte de résultat et d’annexes simplifiées. Si ces obligations peuvent paraître lourdes, elles s’accompagnent d’une vraie capacité d’optimisation : amortissement de votre matériel, déduction des charges réelles, lissage de certains investissements. Dans la plupart des cas, l’accompagnement par un expert-comptable est rapidement rentabilisé par les économies d’impôt et le temps gagné.
Déductibilité des achats de marchandises et valorisation des stocks en fin d’exercice
En régime réel, vos achats de marchandises sont déductibles de votre résultat, mais avec une nuance importante : seules les marchandises effectivement vendues au cours de l’exercice viennent diminuer votre bénéfice. Les produits encore en stock à la clôture de l’exercice doivent être inventoriés et valorisés. Autrement dit, si vous avez beaucoup acheté en fin d’année sans avoir encore vendu, vous ne bénéficierez pas immédiatement de la déduction correspondante.
La valorisation des stocks (au coût d’achat ou au coût de revient) est donc un enjeu majeur pour les activités d’achat-revente. Elle vous oblige à réaliser un inventaire au moins une fois par an et à tenir un suivi rigoureux des entrées et sorties de marchandises. Ce travail, qui peut sembler fastidieux, vous offre un double bénéfice : une image fidèle de votre patrimoine professionnel (ce que vous possédez réellement) et un calcul de résultat plus précis. De plus, il permet de repérer les références dormantes à écouler via des promotions, des lots ou des ventes en déstockage.
Outils de pilotage et automatisation pour revendeurs professionnels
Pour piloter efficacement une activité d’achat-revente, surtout lorsque vous vendez sur plusieurs canaux (Amazon, eBay, Shopify, Vinted, etc.), il devient vite indispensable d’utiliser des outils adaptés. Gérer vos stocks sur un simple fichier Excel ou « de mémoire » est rapidement source d’erreurs, de ruptures et de ventes à perte. L’automatisation et la centralisation des données sont vos alliées pour gagner du temps, limiter les erreurs et vous concentrer sur les tâches à forte valeur ajoutée : sourcing, stratégie de prix, marketing.
Logiciels ERP : odoo et dolibarr pour la gestion multi-canaux
Les logiciels ERP (Enterprise Resource Planning) comme Odoo ou Dolibarr permettent de centraliser la gestion de votre activité : catalogue produits, stocks, ventes, achats, facturation, parfois même comptabilité. Pour un revendeur multi-canaux, ces solutions offrent la possibilité de synchroniser automatiquement les stocks entre vos différents points de vente, d’éviter de vendre un produit déjà écoulé sur une autre plateforme et de suivre vos performances globales. Odoo, par exemple, propose des modules e-commerce, CRM, facturation et inventaire intégrables progressivement.
Dolibarr, open source et très utilisé par les petites entreprises, constitue une alternative économique et modulable. Vous pouvez y connecter votre boutique en ligne, vos comptes clients, vos factures fournisseurs et générer des tableaux de bord synthétiques. L’idée n’est pas de « tout informatiser pour le plaisir », mais d’éviter les pertes de temps et les erreurs manuelles. À partir d’un certain volume (plusieurs dizaines de commandes par jour ou plusieurs centaines de références), l’investissement dans un ERP, même basique, devient un levier de productivité évident.
Repricer automatique : SellerRepublic et RepricerExpress pour alignement tarifaire
Sur les grandes marketplaces, la compétition se joue souvent à quelques centimes près. Les repricers automatiques, comme SellerRepublic ou RepricerExpress, ajustent vos prix en temps réel en fonction de ceux de vos concurrents, de vos coûts et de vos objectifs de marge. Vous définissez des règles (prix minimum, prix maximum, pourcentage de marge cible, priorisation du badge « Buy Box » sur Amazon) et l’outil se charge de recalculer vos tarifs dès qu’un concurrent bouge les siens.
Ces outils sont particulièrement utiles si vous travaillez en achat-revente sur des références très concurrentielles (high-tech, accessoires, jeux, consommables). Ils vous évitent de passer vos journées à surveiller les prix manuellement, tout en vous assurant de rester compétitif sans vendre à perte. Comme un thermostat qui régule automatiquement la température, le repricer maintient vos prix dans une zone « confortable » : suffisamment bas pour vendre, suffisamment élevés pour rester rentable.
CRM et tracking des marges : pennylane et QuickBooks pour suivi de rentabilité
Enfin, pour piloter la rentabilité de votre activité dans la durée, des outils de gestion financière et de CRM comme Pennylane ou QuickBooks peuvent faire une vraie différence. Ces solutions centralisent vos flux bancaires, vos factures de vente et d’achat, et permettent de suivre vos marges par produit, par canal ou par période. Vous visualisez rapidement quelles références tirent vos résultats vers le haut et lesquelles mobilisent du stock et de la trésorerie pour un bénéfice limité.
Intégrer un minimum de business intelligence à votre activité d’achat-revente vous aide à passer d’une logique opportuniste (« j’achète parce que le prix est bon ») à une logique stratégique (« j’investis sur ce qui performe vraiment »). En combinant un ERP pour la gestion opérationnelle, un repricer pour l’optimisation des prix et un outil de suivi financier pour analyser vos marges, vous vous donnez les moyens de piloter votre entreprise comme un professionnel, même si vous avez commencé dans votre garage ou depuis votre salon.